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Trait Papier est un livre dédié exclusivement au dessin d’aujourd’hui, en faisant cohabiter des dessinateurs, des critiques d’art et des éditeurs dans des pages propices à la découverte des possibilités de ce médium.

Comme un acte de résistance à la numérisation du monde actuel, le dessin fait acte de création par les moyens les plus pauvres qui soient: de l’encre ou du graphite, du papier… et un univers s’ouvre, des perspectives traversent les pages, des expressions prennent forme, des projets sont lancés. Longtemps cantonné au rang d’étape préparatoire, le dessin tient aujourd’hui une place prépondérante dans le champ de l’art, comme l’explicite Françoise Jaunin dans «Les années dessin». À l’heure du copier-coller, force est de constater que le dessin ne se définit plus uniquement en traces déposées par un geste, sur des papiers de natures et de formats différents. Dès lors, qu’en est-il de cette pratique? Trait papier propose un essai sur le dessin contemporain et la conversion des matériaux avec les paramètres que sont le temps et l’espace. C’est pour rendre compte de cette déterritorialisation que Thierry Davila pose la question «Où est passé le dessin?». L’exposition du Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds se concentre en effet sur une approche particulière du dessin, caractéristique d’expressions contemporaines: comment le trait s’est-il émancipé?​

Comment a-t-il quitté son support de prédilection qu’est le papier pour devenir installation, animation, espace? Le phénomène s’observe dans des travaux aussi divers que ceux de Pierre Bismuth: En suivant la main droite d’Audrey Hepburn (2006), de Luis Camnitzer: Portrait de l’artiste (1991), de Sandrine Pelletier: Goodbye Horses (2009), et de Zilvinas Kempinas: Flying Tape (2004). À l’inverse, comment se fait-il de nos jours que le papier ait désormais un droit d’existence par et pour lui-même? Papier solo de Julie Enckell Julliard ouvre la réflexion sur ce sujet tout en s’appuyant sur des exemples phares de la récente histoire de l’art. Les pièces de Sophie Bouvier Ausländer: Hypothèses (2007-2012), Ausland (2011-2012), Wallmapper (2012), de Christian Gräser: Fenêtre surgissante (2012), de Laurent Kropf: Whatsaguzzardo (2012) ou d’Ignacio Uriarte: Two Folds (2009), sont quelques exemples parlants de ce mode d’expression. Enfin, «La Pratique d’un dessinateur» est un texte qui met en lumière le travail d’Andrea Mastrovito dont les gestes s’inscrivent dans le domaine élargi du médium qui nous intéresse, employant aussi bien le crayon, le burin, que la paire de ciseaux pour produire du dessin.

Coédition – L’APAGE et ATRABILE
Direction de la publication – Karine Tissot
Textes – Thierry Davila, Julie Enckell Julliard, Françoise Jaunin, Karine Tissot

Infos

ISBN – 978-2-940329-98-4
23.5 x 19 cm – 166 pages, sans couverture
Noir-blanc & quadrichromie

Articles

«Trait Papier, ou quand le dessin règne en maître»
Le Nouvelliste, 24 août 2012, par Véronique Ribordy

«TRAIT PAPIER, un essai sur le dessin contemporain»
Le Phare (Centre culturel suisse de Paris), no12,
   septembre 2012, par Florence Grivel 

Trait Papier, un essai sur le dessin contemporain est publié à l’occasion de l’exposition du même nom qui se tient au Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds, en Suisse, du 13 mai au 12 août 2012. Dans la même ville, La Galerie La Locomotive présente à cette occasion une installation in situ de Robert Currie du 13 mai au 30 juin 2012. En 2013, Trait Papier II, second chapitre de cette reflexion sur le dessin contemporain, se tiendra à la Kunsthalle palazzo de Liestal (Bâle) et au Centre d'art contemporain d'Yverdon-les-Bains. Commissariat des expositions: Karine Tissot.

L’exposition et la publication n’auraient pu voir le jour sans le précieux et généreux soutient des mécènes suivants, qu’ils soient ici chaleureusement remerciés: la Fondation de la Banque Cantonale Neuchâteloise, la Fondation Jan Michalski, la Fondation Oertli, la Fondation Sandoz, Pro Helvetia et Monsieur Sven Widgren.